281. Felicien Rops

Les Sataniques
The complete series of Felicien Rops’ extraordinary Les Sataniques.
Vernis mou on Japan paper, each signed or initialled by the artist in red crayon.
Paris, circa 1889
Size: Folio

Download PDF

‘Rops’ Les Sataniques is a work of extremes, even for a printmaker known for his provocations. While the first print of the series, Satan semant l’ivraie, is a fantastic depiction of an enormous diabolical figure trampling Paris and Notre Dame de Paris underfoot (or, more accurately under clog) while strewing female figures (presumably witches) to left and right, it hardly prepares the viewer for the remaining four plates. These present a far more intimate, grotesque and disturbing mise-en-scène, each featuring a female figure enslaving herself willingly and with abandon to the clutches of the devil. The images are highly explicit and of extreme power, and Rops’ written explanations are almost superfluous: the images speak for themselves and remain shocking even to a jaded modern audience. It is worthy of note that Ramiro in his catalogue raisonné situates Les Sataniques in the section Pièces Diverses attribuées à Félicien Rops, rather than in the catalogue itself; Ramiro mentions neither edition nor date suggesting that even at that date little was known of the series.’

I didn’t write the above paragraph, it came with the engravings. When first shown images, not the engravings themselves, I was doubtful about taking them on in the context of this catalogue. They are so disturbing and powerful that I worried they might constitute an uncomfortable bulge among the pages devoted to less explicit blasphemies. When I saw the engravings themselves I was amazed, because the subtlety, delicacy and skill of Rops removes the shock of the apparent subject-matter. It was a total surprise. Each engraving was pulled by the artist himself, and then manipulated in different ways, so that none of the series is identical. The complexity involved in rendering such an extreme vision as a work of art regardless of its content is a great achievement, which has bewitched many who have had the courage to look at them. To register their full delirium requires quiet contemplation.

Rops made the frontispiece for Les épaves, Baudelaire’s poems censored from Les Fleurs du Mal, and was also close to Mallarmé and everybody else who was influential in the art world of the time. If he had been alive in the 1960s, he would surely have designed the most arresting album covers. Like most great artists, he was ahead of his time. His influence has been widespread: Alphonse Mucha, Aubrey Beardsley, Austin Spare, Mati Clarwein, for example.

The plates – with Rops’ own explanation of each taken from an annotated set – are as follows:

i. ‘Satan semant l’ivraie’: ‘Terrible et gigantesque, vêtu comme un paysan, Satan, le semeur biblique, passe à grandes enjambées par-dessus les contrées habitées par les hommes. En ce moment, sous un clair de lune blafard, il traverse Paris. Son pied droit, se pose sur les tours de Notre Dame. D’un geste puissant, il jette, à travers les éspaces, les Femmes qui remplissent son tablier flottant, graine funeste des crimes et des désespoirs humains. Et, sous les larges bords de son chapeau breton, son regard étincelle d’une joie malfaisante.’ (This explanation taken from Ramiro).

ii. ‘L’Enlèvement’: ‘Les Sataniques / No. 2 L’Enlèvement / Dans les nuages d’une nuit voilée & sinistre SATAN emporte sur ses épaules / la FEMME pour en faire son ésclave, sa victime, sa complice. / Etrangement empalée par le manche du balai magique que serre en ses griffes le / noir ravisseur, elle pend sur dos anéantie pamée, déjà toute entière / au MAITRE.’

iii. ‘L’Idole’: ‘Les Sataniques – No. 3 L’Idole / Initiée aux Rouges Mystères la FEMME est entrée dans le péristyle du Premier / Temple, ou se dresser la nue & troublante statue du MAITRE. Dans un grand élan / de passion la “Possédée” se jette a corps perdu sur l’idole Impossible, & se livre affolée/ & subjuguée. C’en est fait: la Femme appartient à SATAN. / Deux lampadaires phalliques soutenus par des monstres enfantins et rudimentaires éclairent / lugubreusement la scène. / Au bas, un être fantastique issu des Zoocréations Infernales, garde le sanctuaire, & de sa trompe féconde lui-même formidablement.’

iv. ‘Le Sacrifice’: ‘Les Sataniques / – / No. 4 Le Sacrifice / SATAN tient sa victime. Ce n’est plus son image, mais LUI qui en prend / possession. Il la tient écrasée sur la pierre du sacrifice. Sa monstrueuse / virilité animée de toutes les violences et de toutes les hubricités écartele les / flancs de la FEMME & semble boire le sang qui en jaillit et rougit les marches / de l’autel. / Le MAITRE pour célébrer ces noces cruelles a revêtu sa grande forme mythique: un / massacre de bouc lui sort de cuirasses, et sa tête obscure est couronnée du / croissant symbolique, blanc nimbé de rouge des tarots égyptiens.’

v. ‘Le Calvaire’: ‘Les Sataniques / – / Le Calvaire / Les Douloureuses épreuves par lesquelles le Démon fait passer ses victimes, / continuent. SATAN attaché à la Croix travestit diaboliquement la scène / suprême de la Passion. – A ses pieds sous le voile noir herminé de larmes / blanches, dont elle écarte les plis de ses bras étendus, la FEMME rest hypnotisée, / la tête couronnée par le sexe exultant du maître. Le Crucifiée sacrilège tient / dans les griffes de ses pieds les cheveux enroulés de sa victime, et l’étrangle / doucement. / Elle meurt dans un spasme de douloureuse volupté. / Autour brûlent les cierges funèbres.’

Les désignation des procédés de gravure – eau-forte, pointe sèche, vernis mou, aquatinte – est donnée par l’artiste lui-même; elle n’est pas toujours exacte, particulièrement en ce qui concerne les vernis mous, dont un certain nombre sont des héliogravures retouchées. Mais l’artiste, tirant ses épreuves lui-même, parvenait, par des enrages savants, à leur faire rendre beaucoup plus qu’elles auraient donné par un simple tirage mécanique; elles étaient, en outre, souvent rehaussées après le tirage par des retouches de crayon ou des lumières enlevées à la gomme. Ainsi travaillées, ce ne sont plus de banalles héliogravures, mais des oueuvres originales d’un haut intérêt artistique, et comme le vocabulaire technique de la taille-douce ne possède aucun terme pour désigner ces procédés bien personnels à l’artiste, nous leur avons laissé, comme l’avait d’ailleurs fait avant nous Erastène Ramiro, les dénominations données par le maître lui-même. (Maurice Exsteens).

[Exsteens 783–787; Ramiro 223–227; see Ramiro, pp. 174–176, ‘Appendice – Pièces Diverses attribuées à Félicien Rops’].

Plus la femme a d’importance dans une civilization, plus la decadence est grande.’ (Felicien Rops)